Femme fatale.

Femme fatale.
Croqueuse d'hommes.

De toute façon, j'ai toujours su m'y prendre avec les hommes. J'ai vingt cinq ans d'expérience, et je suis encore la meilleure dans ma catégorie. Les hommes, je ne les drague pas vulgairement, je ne les excite pas (pas toujours...), non, je les rend dépendant. De moi, bien sûr. De mon intérieur surtout, parce que la beauté intérieure est une valeur sûre, qui ne se périme pas. A seize ans, je me servais un peu plus de mon physique, c'est vrai, mais si peu.
Tout de même, je suis avantagée, et pas qu'un peu. J'ai cette chance inouïe d'être n'importe qui. Je ne suis pas belle, ni bonne. Pas grosse, pas maigre, pas grande. Je n'ai pas d'yeux exceptionnellement bleus, ni de cheveux sublimement blonds dorés. A la limite, je vous accorde le 'petite', et encore... Mais tout ce qui est petit est mignon, non ? Et le mignon m'arrange au plus haut point.
Je suis une invisible, et les choses qu'on ne voit pas sont les plus dangereuses, c'est bien connu... Seulement les hommes, ah les hommes...
Je traite tous les cas. 'Nature lovers', c½urs amoureux ou pas, accros au cul, passionnés de sport et/ou de mécanique, futur papa, ancien mari, veuf tout neuf... Rien ne me dérange, rien ne me fait peur ! Il suffit d'être méthodique. Extrêmement méthodique.
Chacun a sa faille. Même nuancée. De par mes multiples personnalités (oui, le théâtre ne m'est pas étranger...), je peux combler chacune de ces lacunes. Un peu de romantisme par là, un soupçon d'humour ici et une pointe d'inspiration plus... Osée, me voilà reine des lieus !
Comme je ne suis pas réservée à l'un d'entre eux, comprenez je suis polyvalente, il me faut des rendez-vous précis. Quelques uns se chevauchent des fois, à cause d'un emploi du temps un peu serré, mais je suis assez habile pour concilier les deux parties. Et oui, certains ont l'esprit plus ouvert que d'autre... Et quand accord il n'y a pas, je mise sur le plus fort ou sur celui qui a le plus de pouvoir, et j'arrive toujours à m'en sortir. Un de perdu, cent de retrouvés !

Lui, était marié. Pas d'enfants, une gentille petite épouse que je connaissais... De vue. Le parfait petit pigeon. La première fois qu'il m'a vu, il m'a à peine regardée. C'était impeccable. Je suis entrée doucement dans sa vie, sans que sa femme même ne s'alerte. Le plan idéal. Nous avions des rendez-vous stables, il se débrouillait pour se libérer aux horaires prévus. Excellent. Il passait de plus en plus de temps à mes côtés, oubliant sa femme dès que ses yeux se posaient sur moi. Le samedi : moi. Le mardi soir : moi. Le jeudi après midi : moi, moi, moi. C'était une folie intérieure qui le prenait, mais personne ne le voyait. Personne ?
Les ennuis ont fini par arriver. Sa femme, enceinte. Mais moi, quand je choisis un homme, il n'a plus aucune chance de s'échapper. Elle a essayé de parler, de crier, de bouder, de pleurer... Ca a tenu quoi ? Un mois ? Deux tout au plus ? Alors quand le bébé a eu quelques semaines, et qu'elle est rentrée de l'hôpital, elle a fait la seule chose que je redoutais...


Elle a débranché la télé...

[Surligner pour voir la fin.]

# Posté le lundi 18 février 2008 13:01

J'étais là.

Petite dédicace à cette chanson et à ce clip qui ne quittent pas ma tête depuis quelques jours.

Zazie-J'étais là.

Tout d'abord le clip est superbement bien fait et retranscrit parfaitement les sentiments chantés. Ce jeu de regard est énorme : le seul moment où quelqu'un croise notre regard, c'est au moment où la phrase "j'étais là devant ma télé" est prononcée. L'effet est énorme ! Puisqu'en regardant ce clip, on est devant la télé à se dire 'ouai, elle a raison' mais on ne fait que regarder, qu'être là, et ne rien faire d'autre qu'approuver ! Et ce regard qui s'adresse à nous pour juste nous dire 'Vois, t'es là, tu fais rien'.
Et cette manière de prendre la parole pour dire 'et je n'ai rien fait', c'est s'accuser soi-même !

Bref, magnifique, magnifique.

On peut quand même rajouter dans un esprit plus critique : 'Et là ? T'es là, mais tu ne fais que chanter'...

Si tout comme moi ce clip et cette chanson vous marquent, laissez un com. :)

# Posté le samedi 02 février 2008 08:53

Braver l'Interdit...

Braver l'Interdit...
Mes doigts légers frôlent les quelques poils qui te servent de moustache, n'osant pas caresser tes lèvres closes. Tu dors. Je regarde tes courbes parfaites, les lèvres sèches. Je n'ai pas le droit d'être ici à tes côtés. Je ferme le poing au dessus de ton visage immobile, la respiration courte. J'ai envie de caresser ton corps, ton visage, ton nez. Je jette un regard inquisiteur vers ton ventre à la respiration rapide. Vas tu te réveiller ? Ton ventre.. Comme j'aimerais enfouir mon visage au creux de tes reins, sentir ta chaleur rassurante sur mes joues... Mes yeux se posent à nouveau dans les tiens, toujours clos. Je me rappelle la couleur merveilleuse de ton regard, vert profond, à rendre jalouses les plus belles prairies de France.
Dans un geste hésitant, les bout de mes doigts viennent frôler ton nez fin. Il est tiède. Le contraste avec la froideur de ma peau est saisissant. Mais tu ne te réveilles pas. Que penserais tu en me voyant si proche, penchée sur ton corps endormi ?
Mon regard se pose à nouveau sur ce ventre parfait. Ma main hésite... Et si tu te réveillais ? Je ramène mes doigts errant près de mon corps. Ta respiration est toujours rapide, mais régulière. Je sais que je ne suis pas raisonnable...
Ma main avide s'approche doucement de ce corps. Dans ta petite mort, tu ne me sens pas venir...Enfin ! Ta chaleur sur mon corps, sur ma peau désireuse ! Le contact est si doux, je ferme les yeux, une expression de délice sur mon visage. Je savoure l'interdit. L'impossible. Je n'ose plus la retirer, j'ai l'impression que les secondes s'étirent en heures... Mais soudain, si soudainement que je ne peux rien faire... Un éternuement me saisi, et tu t'éveilles en sursaut... Tes yeux surpris croisent les miens, ennuyés... Tu bondis au loin, leste dans ton éveil, ignorant ma déception...

... Saleté de chat !

[Pour ne pas gâcher le suspense, la fin est écrite en noir, surlignez si vous osez lire ! ;)]

# Posté le dimanche 20 janvier 2008 03:52

Modifié le lundi 21 janvier 2008 14:02

Les Âmes de ma Vie.

Les Âmes de ma Vie.
Les Âmes de ma Vie.

« Ne me mentez pas, je vous en prie pas aujourd'hui. Vous, ceux que j'ai aimé profondément, ne cédez pas à l'obscure tentation qui pousse un homme à hanter sa mémoire d'un visage mort.

Laissez mon corps drapé de ce voilà blanc. »



J'ai ri, chanté et vécut à vos côtés. Ce fut incroyable, comment le nier ? Le chemin parcouru est incalculable. J'ai cédé à chacun de vous un petit bout de mon c½ur et de mes tripes. A certains, j'ai prêté mon âme, et la voilà aujourd'hui plus belle que jamais. Me voilà. Au bout de ce rouleau de vie qui se déroule une dernière fois pour vous.
Accueillez moi dans vos c½urs, je n'ai pas ma place ni au Paradis ni aux Enfers. Je ne suis pas construite de 'Bien' ou de 'Mal', non, je suis juste construite de vous. Enrichie par vos êtres, par vos voix. Par votre amour. Plus forte pour ceux qui ont pleuré, plus tendre pour mes moments impossibles. Une oreille, une main, une bouche, vous m'avez fait partagé ce que vous pouviez me donner de mieux.
Vous êtes devant moi pour la dernière fois, votre regard passe au travers de mon corps d'argent. Je vous sourit mais vous ne me voyez pas. Des myriades de diamants brillent sur vos joues rosies.
A tour de rôle, je murmure les mots qui m'ont fait défaut.
« Tu m'as manqué ». « C'était bien tous les cinq à chaque fois. » « Pense à ne pas trop rester silencieux. » Je vous embrasse un par un. « Merci d'avoir été là, souriante. » « Dommage, une autre fois. ». Inconsciente du frisson qui vous saisi, le froid de mon souffle frôle votre peau dans un baiser. Tes lèvres. « Tu me plais. ». Je n'y avais jamais goutté... « Laisse tes bras tranquille. ». « T'inquiète, Elle viendra. » J'adresse un clin d'½il complice à la fille en blanc au visage blême et au garçon silencieux à ses côtés. « Ne cesse jamais de nous faire rire. » J'ai un pincement au c½ur quand je l'ai vu, pour une fois silencieux. « Merci pour tout. » « Merci pour tout. ». Merci d'avoir fait tout ce que vous pouviez.

Vos souvenirs assemblés me conservent. Je souris à tous ces visages qui ne me voient pas, mais que j'admire. Les plus beaux visages de ma vie sont réunis devant mes yeux. Je me sens heureuse d'avoir pu les voir une dernière fois. Mon c½ur crie ce que les mots ne peuvent.

Je regarde émue le visage voilé dans le cercueil que l'on referme.

Il est temps d'y aller.

« LLINARES Marion,
29 Octobre 1989 – 20 Janvier 2oo8 »
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# Posté le dimanche 20 janvier 2008 03:29

"Ce n'est pas mon visage."

Ce n'est pas mon visage.

C'est pourtant un miroir parfait, c'est vrai. Les traits sont un peu figés, et la peau légèrement pâle, mais... Non, ce n'est pas moi.
Je n'ai rien qui me rapproche de ces yeux qui ne rient plus, de cette bouche obstinément close qui ne veut plus s'illuminer d'un sourire. Les cheveux sont pourtant soyeux et bien coiffés, mais il y a dans leur raideur, une fixité qui me met mal à l'aise. Et que dire de ces joues légèrement bombées sinon que leurs courbes ne me semblent plus familières?

Je suis encore seule dans cette salle froide et noire, mais bientôt, ils seront à mes côtés. On ouvrira cette trappe matelassée qui laissera leurs regards pénétrer ce visage qui n'est pas le mien. Je ne veux pas.

Le brouhaha s'est tu et les images défilent. C'est mon sourire qui apparaît en premier. Viennent mes yeux noisettes et mon nez légèrement retroussé ensuite. Puis moi, entière, petite, qui vous boude de mes quelques centimètres en moins. Quelques... Un garçon blond au fond a sourit. Une image de moi, de dos, qui rechigne à entrer dans l'eau, apparemment trop froide, de la méditerranée. On ne voit plus très bien, des morceaux sont flous, mais une fille brune, assise par terre à droite, sait que le maillot était bleu. Me voilà qui tire la langue ! Et là, affalée sur mon bureau préféré, celui collé au radiateur ! Moi, en train de jongler... Moi, comme jamais je ne me suis vue.

Les images se déroulent si rapidement que l'on dirait des films entrecoupés, pourtant, le rideau n'est toujours pas ouvert. Je cours, je ris, je mange, je dors, je pleure, je cris, je tombe, et tout ça dans une seule seconde.

Les souvenirs m'envahissent et me conservent.

C'est drôle. J'avais oublié que j'étais belle. Personne ne sait à quoi je ressemble à présent. Tant mieux. Je fixe à nouveau mon visage figé. Non, ce ne peut pas être le mien. Je ne veux pas qu'ils me voient ainsi. Je ne peux pas laisser la curiosité brûler les images effervescentes qui jaillissent dans la salle emplie de monde.

Le silence se fait plus lourd alors que le couvercle d'ébène s'ouvre. Le c½ur du garçon se serre, la fille laisse ses larmes couler.

La morte a le visage voilé.

Samedi 19 Janvier 2oo8

# Posté le samedi 19 janvier 2008 13:43